jeudi 30 juillet 2015

La skyrace de Montgenèvre, sur la route des 3000...

Le 18 Juillet dernier a eu la Skyrace de Montgenèvre. C'est une course qui a la particularité de fleurter avec la haute montagne en passant par des cols à plus de 2000m et 2 sommets à plus de 3000m. Le vendredi 17, nous partons avec Bruno de Grenoble pour rejoindre Gérald et sa famille dans un appartement de la station de Montgenèvre. Cette station est très agréable et mise de plus en plus sur le luxe. A peine arrivés, nous préparons nos boissons énergétiques, du commerce ou maison et chacun fait part de son expérience. Il fait très chaud malgré l'altitude (1800m) et le soleil tape fort. Nous allons chercher les dossards, passons le contrôle des sacs et nous voilà fin prêt pour la course de demain. Nous voyons quelques nuages au loin assez menaçants, ils ont annoncé des orages mais on y croit pas trop, ça fait 3 semaines qu'on a pas vu une goutte de pluie, c'est pas maintenant que ça va commencer, à quelques heures du départ. A peine rentré à l'appartement, les premiers grondements se font entendre, puis on voit les éclairs et enfin la pluie qui commence à tomber. C'est au tour de la grêle de se mêler de la partie, on se regarde tous, l'air dépité, c'est pas possible, pourquoi maintenant ! Le départ est à 4h et on met le reveil à 2h30, ouch, ça va piquer. La nuit est courte et le sommeil est entrecoupé de sursaut que le stress nous donne inconsciemment. 2h30, il faut remanger un peu de pâtes, un thé, se préparer et c'est parti pour le sas de départ. Le ciel est étoilé, ouf. Dans l'ensemble, on est tous les 3 assez décontractés, malgré le mal de bide de Gérald et mon mal de tête la veille. C'est parti pour les 93km, je démarre fort pour me placer afin d'éviter les bouchons dans la montée, j'ai fait ce pari en espérant que ça tienne au moins jusqu'au milieu de la course, après on sert les dents et ça devrait passer. Bruno me rattrape assez vite et nous voilà dans l'ascension. La trainée blanche des frontales est magnifique dans la nuit, on voit déjà le premier en haut du col, mais comment fait-il, on ne court pas 20km ! Le premier sommet à 3000 est très vite atteint, 1300m de D+ en 1h45, aîe ca va se payer... Le soleil n'est pas encore sorti, nous le verrons un peu plus tard. C'est toujours un moment particulier le lever de soleil en montagne et ça mérite toujours un arrêt pour profiter du spectacle. La descente est rapide et je commence déjà à sentir les crampes aux cuisses et des douleurs aux genoux. Zut ça va pas le faire, il va falloir calmer le jeux. Je reste avec Bruno pendant une 10aine de km, avant qu'il ne s'échappe pour ne plus jamais le recroiser. Je gère ma course, je m'étire régulièrement les cuisses et les genoux pour pas trop souffrir en descente. Il fait très chaud en ce milieu de journée, il faut bien penser à boire, les ravitaillements sont plutôt espacés et il faut faire le plein entre les deux dans les ruisseaux ou les fontaines des villages. A un col, nous voyons le mont Thabor au loin, ça fait toujours bizarre de se dire qu'on sera là bas dans quelques heures avec comme seul moteur, nos jambes. Je profite du paysage, des vestiges de la guerre avec le barbelé qui est toujours présents en haut des montagnes. Difficile de s'imaginer les soldats pendant la guerre dans un endroit aussi aride et sauvage. Le milieu de la course arrive, c'est le ravitaillement de vallée étroite, point de rencontre des relais. Il y a un nombre impressionnant d'abandon à cet endroit: des chevilles foulées, des "j'en ai marre" et des coureurs bloqués par les barrières plus tard. Je me repose quelques minutes car il suffit de lever la tête pour voir ce qui nous attend, la chapelle du Thabor est bien visible d'en bas et il faut compter 14km et 1500m D+ pour l'atteindre. La montée sera longue, très longue, chaude, difficile... le mental est mis à rude épreuve, mais pas question d'abandonner. Ca me rappelle la monté du pic du midi lors du GRP où j'avais abandonné quelque temps plus tard. Cette fois j'irai jusqu'au bout, c'est sûr. Le mal au genoux se maintient et j'arrive à gérer la douleur. La chapelle est enfin là, nous sommes au 54ième km et il en reste encore 40. Un rapide calcul, il y a 27km de descente avec un partie assez plate en plaine, puis une remontée de 1200m D+ et enfin la descente finale. Je fais une bonne partie de la descente tout seul, puis un groupe de 2 coureurs me rattrape, je décide de les suivre et le temps parait moins long. Dans la vallée de Névache, je traverse des camping, il est 20h et tout le monde est à l'apéro ou fait un barbek, dur de ne pas s'arrêter... ils sont très gentils et nous encouragent comme si on était les premiers, ça fait chaud au coeur. Le dernier ravitaillement arrive, juste avant la dernière montée. Les bénévoles nous servent une bonne soupe chaude, quel bonheur... on discute un peu et c'est reparti pour la dernière ligne droite. La montée se fait plutôt bien, j'ai retrouvé mes jambes et j'avance assez vite. Je bois régulièrement mais je sens que mon estomac a pris cher, je ne fixe plus très bien l'eau et chaque gorgée est automatiquement évacuée quelques minutes plus tard. C'est pas très bon pour le corps, mais il ne me reste plus beaucoup de km, ca va tenir. La fin de la montée approche, il fait nuit noire et je ressors la frontale une deuxième fois. Je suis tout seul et cherche tant bien que mal l'itinéraire. Je croise des bénévoles, chapeau bas pour eux car ils sont dans leur tente avec leur doudounes et sont bien gelés. Je ne ressens pas cela du fait de l'effort. Il reste encore 100m D+ pour arriver au col et après c'est la descente. Cette montée est interminable, j'ai mal de partout, je ne peux plus boire, il est temps d'arriver. Je fais la descente en marchant vite, tout se passe bien, j'arrive dans une partie plate et c'est l'occasion de courir pour que ça passe plus vite. Je commence a entendre la route au loin, puis je vois les lumières de la ville, ça y est, j'en arrive au bout. Je tourne la tête, personne derrière moi, pas de pression même si maintenant le but c'est d'arriver. L'adrénaline me donne un nouveau souffle, je peux courir et allonger la foulée, ça fait du bien. Je vois l'arche, il est plus d'une heure du matin et quelques coureurs et accompagnants sont là pour m'applaudir. Je passe la ligne d'arrivée en 21h18, bien content d'en découdre... Plus tard j'apprendrai que Bruno a mis 19h45, un grand bravo à lui pour son premier ultra. Bravo également à Gérald qui hélas s'est fait arrêté en haut du Mont Thabor par la barrière horaire, ce n'est que partie remise... Merci également à Milie et Tim pour leurs encouragements et leur patience pour nous attendre aux ravitaillement, ça fait vraiment plaisir de voir des amis pendant la course !

2 commentaires:

Unknown a dit…

BRAVO à vous trois !! Je suis très impressionnée
merci de nous faire participer par ce récit et ces belles photos c'est une super idée
et FELICITATIONS à JE (coco et très fière de lui lol)
bisous

Vio a dit…

Bravo mon amour tu es le meilleur !!! je suis fière de toi !!