jeudi 30 juillet 2015

La skyrace de Montgenèvre, sur la route des 3000...

Le 18 Juillet dernier a eu la Skyrace de Montgenèvre. C'est une course qui a la particularité de fleurter avec la haute montagne en passant par des cols à plus de 2000m et 2 sommets à plus de 3000m. Le vendredi 17, nous partons avec Bruno de Grenoble pour rejoindre Gérald et sa famille dans un appartement de la station de Montgenèvre. Cette station est très agréable et mise de plus en plus sur le luxe. A peine arrivés, nous préparons nos boissons énergétiques, du commerce ou maison et chacun fait part de son expérience. Il fait très chaud malgré l'altitude (1800m) et le soleil tape fort. Nous allons chercher les dossards, passons le contrôle des sacs et nous voilà fin prêt pour la course de demain. Nous voyons quelques nuages au loin assez menaçants, ils ont annoncé des orages mais on y croit pas trop, ça fait 3 semaines qu'on a pas vu une goutte de pluie, c'est pas maintenant que ça va commencer, à quelques heures du départ. A peine rentré à l'appartement, les premiers grondements se font entendre, puis on voit les éclairs et enfin la pluie qui commence à tomber. C'est au tour de la grêle de se mêler de la partie, on se regarde tous, l'air dépité, c'est pas possible, pourquoi maintenant ! Le départ est à 4h et on met le reveil à 2h30, ouch, ça va piquer. La nuit est courte et le sommeil est entrecoupé de sursaut que le stress nous donne inconsciemment. 2h30, il faut remanger un peu de pâtes, un thé, se préparer et c'est parti pour le sas de départ. Le ciel est étoilé, ouf. Dans l'ensemble, on est tous les 3 assez décontractés, malgré le mal de bide de Gérald et mon mal de tête la veille. C'est parti pour les 93km, je démarre fort pour me placer afin d'éviter les bouchons dans la montée, j'ai fait ce pari en espérant que ça tienne au moins jusqu'au milieu de la course, après on sert les dents et ça devrait passer. Bruno me rattrape assez vite et nous voilà dans l'ascension. La trainée blanche des frontales est magnifique dans la nuit, on voit déjà le premier en haut du col, mais comment fait-il, on ne court pas 20km ! Le premier sommet à 3000 est très vite atteint, 1300m de D+ en 1h45, aîe ca va se payer... Le soleil n'est pas encore sorti, nous le verrons un peu plus tard. C'est toujours un moment particulier le lever de soleil en montagne et ça mérite toujours un arrêt pour profiter du spectacle. La descente est rapide et je commence déjà à sentir les crampes aux cuisses et des douleurs aux genoux. Zut ça va pas le faire, il va falloir calmer le jeux. Je reste avec Bruno pendant une 10aine de km, avant qu'il ne s'échappe pour ne plus jamais le recroiser. Je gère ma course, je m'étire régulièrement les cuisses et les genoux pour pas trop souffrir en descente. Il fait très chaud en ce milieu de journée, il faut bien penser à boire, les ravitaillements sont plutôt espacés et il faut faire le plein entre les deux dans les ruisseaux ou les fontaines des villages. A un col, nous voyons le mont Thabor au loin, ça fait toujours bizarre de se dire qu'on sera là bas dans quelques heures avec comme seul moteur, nos jambes. Je profite du paysage, des vestiges de la guerre avec le barbelé qui est toujours présents en haut des montagnes. Difficile de s'imaginer les soldats pendant la guerre dans un endroit aussi aride et sauvage. Le milieu de la course arrive, c'est le ravitaillement de vallée étroite, point de rencontre des relais. Il y a un nombre impressionnant d'abandon à cet endroit: des chevilles foulées, des "j'en ai marre" et des coureurs bloqués par les barrières plus tard. Je me repose quelques minutes car il suffit de lever la tête pour voir ce qui nous attend, la chapelle du Thabor est bien visible d'en bas et il faut compter 14km et 1500m D+ pour l'atteindre. La montée sera longue, très longue, chaude, difficile... le mental est mis à rude épreuve, mais pas question d'abandonner. Ca me rappelle la monté du pic du midi lors du GRP où j'avais abandonné quelque temps plus tard. Cette fois j'irai jusqu'au bout, c'est sûr. Le mal au genoux se maintient et j'arrive à gérer la douleur. La chapelle est enfin là, nous sommes au 54ième km et il en reste encore 40. Un rapide calcul, il y a 27km de descente avec un partie assez plate en plaine, puis une remontée de 1200m D+ et enfin la descente finale. Je fais une bonne partie de la descente tout seul, puis un groupe de 2 coureurs me rattrape, je décide de les suivre et le temps parait moins long. Dans la vallée de Névache, je traverse des camping, il est 20h et tout le monde est à l'apéro ou fait un barbek, dur de ne pas s'arrêter... ils sont très gentils et nous encouragent comme si on était les premiers, ça fait chaud au coeur. Le dernier ravitaillement arrive, juste avant la dernière montée. Les bénévoles nous servent une bonne soupe chaude, quel bonheur... on discute un peu et c'est reparti pour la dernière ligne droite. La montée se fait plutôt bien, j'ai retrouvé mes jambes et j'avance assez vite. Je bois régulièrement mais je sens que mon estomac a pris cher, je ne fixe plus très bien l'eau et chaque gorgée est automatiquement évacuée quelques minutes plus tard. C'est pas très bon pour le corps, mais il ne me reste plus beaucoup de km, ca va tenir. La fin de la montée approche, il fait nuit noire et je ressors la frontale une deuxième fois. Je suis tout seul et cherche tant bien que mal l'itinéraire. Je croise des bénévoles, chapeau bas pour eux car ils sont dans leur tente avec leur doudounes et sont bien gelés. Je ne ressens pas cela du fait de l'effort. Il reste encore 100m D+ pour arriver au col et après c'est la descente. Cette montée est interminable, j'ai mal de partout, je ne peux plus boire, il est temps d'arriver. Je fais la descente en marchant vite, tout se passe bien, j'arrive dans une partie plate et c'est l'occasion de courir pour que ça passe plus vite. Je commence a entendre la route au loin, puis je vois les lumières de la ville, ça y est, j'en arrive au bout. Je tourne la tête, personne derrière moi, pas de pression même si maintenant le but c'est d'arriver. L'adrénaline me donne un nouveau souffle, je peux courir et allonger la foulée, ça fait du bien. Je vois l'arche, il est plus d'une heure du matin et quelques coureurs et accompagnants sont là pour m'applaudir. Je passe la ligne d'arrivée en 21h18, bien content d'en découdre... Plus tard j'apprendrai que Bruno a mis 19h45, un grand bravo à lui pour son premier ultra. Bravo également à Gérald qui hélas s'est fait arrêté en haut du Mont Thabor par la barrière horaire, ce n'est que partie remise... Merci également à Milie et Tim pour leurs encouragements et leur patience pour nous attendre aux ravitaillement, ça fait vraiment plaisir de voir des amis pendant la course !

mardi 25 septembre 2012

Projet Mont-Blanc 2012



L'album photo complet est ici.

Ce projet de gravir le toit de l’Europe murit dans ma tête depuis ce printemps 2012, mais au début c’était pour le faire à la journée. En étudiant le topo et les temps de passages, cela paraissait délicat pour une première et il ne fallait pas se tromper dans l’itinéraire.
Le problème est que pour réserver le refuge du gouter (refuge classique pour l’ascension du Mont Blanc), il faut s’y prendre un mois à l’avance et on a trois minutes de 0h à 0h03 sur internet pour avoir une chance d’être pris. Bref, trop compliqué pour moi qui ne sait même pas ce qu’il va faire le week-end suivant. Après avoir regardé la carte de plus près, je me suis rendu compte que le refuge de Tête Rousse pouvait faire l’affaire et à en voir les commentaires, beaucoup moins fréquenté.

Je suis donc décidé pour faire cette ascension sur deux jours, reste plus qu’à trouver qui veut bien venir avec moi. C’est en discutant de ce projet avec Nico, voyant ses yeux briller quand j’ai prononcé le mot Mont-Blanc, que j’ai compris que cette expédition le tenterait bien. Nous voilà donc décidé pour le week-end du 22-23 Septembre. 
Dès le lendemain matin, je prends le téléphone pour tenter une réservation, mais 10 jours avant la date et pour un samedi soir, je n’y croyais pas trop. Au bout du fil, j’entends une voix me dire : « c’est bon pour le 22, pour deux personnes, bonne journée ! ». Je bafouille deux trois mots pour dire merci/au revoir et je raccroche. Il m’a fallu 15sec pour réaliser ce que je venais de faire, ce que cela impliquait, que le projet était maintenant lancé, que c’était une première pour tous les deux, qu’il fallait gérer en tant que premier de cordée même si j’avais entièrement confiance en Nico en second.

Le fait que ça soit une première pour tous les deux, sans guide, a donné une autre dimension à cette ascension. Il faut rester concentré tout le long, faire nos choix et les assumer.

Le jour J arrive, la météo s’est améliorée toute la semaine, et toutes les conditions sont réunies pour réussir le sommet. En montant dans le tramway du Mont-Blanc, le chauffeur dit à un guide : « c’est le dernier week-end de la saison, et vous aurez les meilleures conditions de l’année ». Avec Nico on ne peut s’empêcher de sourire, une étoile est avec nous. Le premier jour consiste à faire 1100m de D+ pour atteindre le refuge. Dans la montée nous perdons le chemin à plusieurs reprises, on croise un guide et on discute un peu météo : « Dimanche matin il fait beau mais il y aura du vent, et surtout le lenticulaire pourra nous empêcher de faire le sommet… ». Avec Nico on fait signe de la tête « on verra bien… » sans savoir de quoi il pouvait parler avec son anti-machin (pour info c’est ça un lenticulaire) et sur cette photo (ci-à gauche), on le voit bien le samedi. Le doute s’installe, et quelques minutes plus tard, on ose en parler, « merde on pensait avoir les conditions idéales, mais il nous manquait ce côté pro pour analyser la météo.  Tant pis, on y va quand même.»
Nous voilà au refuge, bonne ambiance, personnel super sympa, on rencontre d’autres alpinistes, les sujets de conversation ne manquent pas. Il est à peine 20h quand on va se coucher, demain petit dej à 1h30 pour un départ à 2h. Après un sommeil difficile, le réveil sonne alors que cela fait déjà 5 minutes qu’on est réveillé et qu’on attend la sonnerie. Il est 2h, les cordées commencent à partir et on suit le mouvement.
Notre itinéraire est à droite, de Tête Rousse au sommet.

1ère étape : Le refuge et l’aiguille du gouter. Après 15min de marche, nous voilà devant le grand couloir ou « couloir de la mort ». C’est un couloir d’une 100aine de mètres réputé dangereux car des cailloux tombent sans cesse et qu’il faut bien choisir son moment pour traverser. Pendant la pleine période estivale, le sol est très sec et des cailloux de la taille d’une voiture peuvent tomber. Lors de notre passage, nous  ne verrons que deux minuscules cailloux. La neige et le gel de la nuit maintiennent les cailloux en place, ce qui nous permet de faire une traversée tranquille, même si on ne s’attarde pas. Ensuite une grande montée de 600D+ nous attend avec des petits passages d’escalade facile pour arriver au refuge du gouter. On se rend compte du monde qu’il peut y avoir dans ce refuge, en 5 minutes de pause, 5 cordées de 2 ou 3 personnes commencent leur ascension.

2ème étape : le dôme du gouter. Nous doublons quelques cordées lentes et c’est parti pour une grimpette de 1000D+ dans les glaciers. La montée se fait bien, les traces sont bien visibles et il est impossible de se tromper. La fine pellicule de neige nous rassure, car en cas de chute il est très facile de s’arrêter. Avec Nico nous tenons un bon rythme, les heures d’entrainement en trail nous permettent de ne pas trop faire monter le cœur. Le cap des 4000 est franchi, une première depuis que je fais de la montagne, et je commence à sentir des petits mots de tête. Le vent commence à bien souffler, les doigts commencent à geler malgré les gants et l’eau dans le camel-back est complètement gelée. Comme en trail, nous reprenons des forces avec un gel énergétique (bio) et c’est reparti. 

3ème étape : L’arête des bosses. Au dessus de 4000, on perd 30% de nos capacités. Ca fait déjà 1100D+ et les 500 mètres de dénivelé qui nous restent en valent autant. La montée est longue, à chaque bosse franchie on voit une autre bosse, mais jamais le sommet. Cette série d’antécimes est interminable, heureusement avec Nico on est bien synchronisé, le mental calé sur un seul objectif, arriver au bout. Un replat nous permet de reprendre des forces avec un gel et d’admirer la lumière du soleil levant à l’horizon. Le spectacle est grandiose, les montagnes se réveillent et nous offres leurs meilleurs profils. Ces moments là sont magiques et on oublie les mètres de dénivelé, la fatigue, le froid et le vent qui nous désensibilisent les doigts et la figure. Le mental prend le dessus sur les jambes et c’est reparti pour l’ascension finale.

4ème étape : le sommet. C’est par une arête étroite que l’on arrive sur le toit de l’Europe. Rien autour de nous n’est plus haut, on se sent en apesanteur, je me retourne vers Nico et il n’arrive pas à réaliser, on est au Mont-Blanc, on l’a fait ! Quelques minutes d’adrénaline plus tard, le cerveau se remet à écouter les signaux de notre corps. Il a froid, il a faim, il a soif et se reposerait bien 5 minutes. Ce sera chose faite le temps de quelques photos, de manger quelques biscuits et de boire la glace pilée dans notre gourde.

5ème étape et pas des moindres : la descente. C’est bien beau de monter, mais il faut aussi descendre. Il est 7h25, il y a 2700m de descente et le dernier tramway est à 16h50, inutile de se presser. Plusieurs pauses seront nécessaires pour faire le même chemin en sens inverse. On repasse les bosses, le dôme, l’aiguille du gouter avec son célèbre refuge, la désescalade, le couloir (ça tombait un peu plus que le matin, mais on est passé sans soucis) et nous voilà arrivé à la station de tram de Mont-Lachat, les pieds en feu. On arrivera à Grenoble à 19h, des souvenirs et des images plein la tête, une grosse envie de dormir, mais surtout une grosse envie de gravir d’autres sommets mythiques…

samedi 21 juillet 2012

2 de tension

Mon cœur au repos au lendemain du Celestrail, à donf avec un mini à 39 ;). Pour info d'habitude au repos il tourne aux alentours des 55 pulsations à la minute.







Tableau représentant la fréquence moyenne et la fréquence max pendant 1 minutes de mesure au cardio.

mercredi 18 juillet 2012

Celestrail 2012


La vidéo au cœur de l'action...  http://www.youtube.com/watch?v=k25GFnbshbk


6 Juillet 2012, mon objectif de l'année va se dérouler dans quelques heures. Je me dirige vers Ordino en Andorre, lieu de départ de la course qui se fera à 21h.
Comme chaque fois avant une course, je ne sais pas dire si je me sens prêt ou pas. Je sais que je tiens bien jusqu'à 2500D+ et 58km, après c'est l'inconnue. Je ressens une légère douleur aux genoux, suite à mes 3 courses depuis Mars et les sorties longues, ce qui m'inquiète un peu.

L'heure approche, je me place près du départ, je règle mes bâtons 3 brins carbone tout neufs et là, c'est la panique, le tube me reste dans les mains, le morceau pour serrer s'est décollé. Le stress monte, sans cette pièce je suis foutu. Je trouve par miracle une petite boutique qui vend de tout, et ouf, il a de la super glue. Bien sur je n'ai pas d'argent et là, en voyant ma détresse, le vendeur accepte que je le paye le lendemain, je ne le remercierai jamais assez !!

Tout est rentré dans l'ordre, le cardio redescend et je me retrouve dans le SAS de départ prêt à partir. Cette fois je suis tout seul, dans ma tête je me dis: ne part pas trop vite, il faut gérer, est-ce que les genoux vont tenir, 5000m ça fait beaucoup quand même, 83km c'est 13 de plus que la Saintelyon ça va le faire... mais à chaque fois la réponse était: on verra ;)
Au bout de 6km, la nuit commence à tomber. C'est l'heure du premier bilan: j'ai de bonnes sensations, les jambes répondent bien, je ne sens quasiment pas les genoux, je suis dans un groupe avec un bon rythme, bref je suis en confiance.
12km de course, première erreur dans mes calculs, j'ai plus d'eau et le prochain ravitaillement est dans 5km. Heureusement c'est de la descente et du plat, j'ai réussi à pomper une gorgée et me voilà au premier ravitaillement sans avoir été gêné.

Je repars, cette fois je me dis, bon je vais peut-être tenter d'accélérer, tant pis si je le paye plus tard. Je rattrape un groupe, le double, et je me retrouve seul dans la montée, à mon rythme ça me convient bien, d'autant que le cœur reste autour des 140, c'est nickel.
La montée se fait sans grande difficulté, je me retourne de temps en temps pour voir les frontales au loin, c'est magnifique, ça fait plaisir, je ne suis pas dans les derniers. Au ravito du 22ième, on m'annonce  que je suis à la 56ième place, coool. La course prend une nouvelle tournure, j'essaie de gratter des places mais je me fais aussi doubler dans les descentes, car les genoux se réveillent en descente et je dois donc y aller mollo. Mon meilleur classement sera 54ième avant la base vie du 43ième km. La fin de cette première moitié est interminable car on longe la route, c'est plat et on n'en voit pas le bout. J'arrive à courir sur un bon rythme, je suis vraiment content, je me sens frais.

Je reste une 20aine de minute à cette base vie. C'est l'occasion de manger un peu de soupe, de se reposer et de récupérer quelques affaires laissées au départ.
Je ne traîne pas trop et je repars pour les 40 derniers km. La fraicheur n'est plus trop là, la première montée dans des pavés est difficile, c'est le levé du jour et je sens que la nuit blanche va se payer. Je prends un gel, j'écoute la musique et au fur et à mesure que le jour se lève je retrouve des forces, sacré coup de pompe. Je m'autorise 10min de repos, allongé dans un bois, histoire de récupérer un peu de sommeil. J'entends au loin des traileurs qui se demandent si je vais bien, je lève la main pour indiquer que je suis vivant et ils repartent rassurés.

C'est l'heure de repartir, je dévale une grande descente et arrivé en bas, j'ai l'impression que les genoux gonflent. Je masse un peu dessus et dessous et ça va tout de suite mieux, je repars sur un bon rythme, cette partie de parcours vallonnée et les chemins larges, j'ai des places à regagner avec ma mini sieste.

65km, j'arrive à la dernière montée après avoir fait 4200d+, cette fois, c'est le dernier coup de cul et après ça le trail est fini. Je me retourne, personne, 5 min après je me retourne et la un groupe arrive. Mais d'où ils sortent eux ! En haut de la montée, je suis 69ième. Dernier ravitaillement vite fait et j'attaque la descente. Il faut se méfier quand on dit que le trail est fini en haut de la dernière montée… il n'y a pas de chemin, on descend "dré dans le pentu", ça tire sur les genoux et je m'appuie au maximum sur les bâtons. Ca remonte un peu, puis ça redescend raide dans un bois, on n'est pas épargné, je ne pense qu'à une chose, c'est d'arriver sur la route pour dérouler un peu et soulager les genoux.

J'entends au loin le micro, c'est bon signe, ça redonne des jambes. J'arrive à courir à 12km/h, je me retourne personne ne me suis, je suis tranquille. Je passe l'arche à 13h35, ce qui fait une course en 16h35 et une 64ième place. La fatigue, l'émotion et le relâchement me font monter les larmes, je ne contrôle pas, quel bonheur de passer cette ligne d'arrivée. Je viens de gravir un palier supplémentaire et sans trop souffrir, je n'ai qu'une chose en tête, à quand le prochain ? ;)

mardi 8 mai 2012

L'ardéchois : Trail pluvieux, trailers heureux !


28 Avril 2012, veille du trail l'Ardéchois (57km et 34km), 6 trailers dans un chalet perdu au fin fond de l'Ardèche se préparent. Ca discute stratégie, ça prépare les sacs, ça cherche les fameuses épingles pour accrocher les dossards, ça stress un peu mais pas trop…

2h du matin, des rafales de vent me reveillent, ça soufflait tellement fort qu'à chaque fois j'avais l'impression qu'on allait partir avec le chalet. Dans ma tête endormie, je me dis que ça va surement s'arrêter et qu'il ne faut pas commencer à paniquer. Pas le temps de se rendormir et c'est la pluie qui vient claquer sur les fenêtres avec le vent ! Là c'est panique à bord, demain ça sera la cata, les 57km vont être long et la vue limitée. On verra bien.
Le lendemain, tout à l'air de s'être calmé, on se prépare tous, un bref échange sur les conditions météo, on a tous la même formule: "on va en chi** !"
On arrive pour le départ sur la place de la mairie. 8h15, le départ est lancé, vue les intempéries, on sait qu'il risque d'y avoir des bouchons au niveau des rivières ou montées boueuses, il faut donc envoyer dès le début. Sans échauffement et avec un profil qui monte dès le début pendant 10km, je sais que je vais y laisser des plumes. On reste en groupe et petit à petit les écarts se creusent, je reste avec Laurent et on tient un bon rythme, le Roro est pas loin derrière, il a préféré temporiser, l'expérience ;)
Le 10ième km arrive, les jambes ont un peu souffert dans la montée et je calme un peu pour récupérer. On repart pour une grosse descente jusqu'aux Ruines de Rochebonne. Là, on est stoppé net avec un bouchon qui commence à grandir. On avait prévu le coup et on ne devra attendre que 10min pour traverser le torrent avec l'aide des pompiers, et on apprendra plus tard que certains ont attendu 1h15 !
Toujours avec Laurent, nous voila reparti avec les chaussures complètement trempées, pour aller chercher le premier ravito (22ième km). Je ne fais qu'un arrêt éclair et on repart. Les jambes commencent à durcir un peu, comme à chaque course, donc je n'y fais pas attention. Je continue, et là ce n'est pas bon, je commence à choper un coup de mou, au 25ièmekm. Laurent m'attends de plus en plus, le chemin est plein de boue, il y a pas mal de faux plats et j'ai du mal à trouver un rythme. Heureusement avant la bifurcation avec le 34km, une petite descente me redonne des jambes, et j'aperçois Laurent qui m'attendait depuis 5 min. Pas de soucis, on bifurque sur le grand parcours et on fait la descente ensemble. Le ravito tarde à arriver, le coup de mou revient, Roro nous rattrape et je dis à Laurent de partir car ça va devenir de plus en plus pénible pour lui. Ravito du 36ième, je me suis rendu compte d'une chose, c'est qu'à chaque course j'ai le même symptôme, gros coup de mou entre 4h et 5h de course et après ça va. Je fais quelques calculs, et là c'est évident, il est 13h et j'ai une faim de loup. Et oui c'est l'heure de manger, et ça, mon estomac ne l'oublie jamais ! Je dévore donc tout ce que je trouve: saucisson, jambon, barres énergétiques... Après 5min, la bête est rassasiée, on peut repartir, et je vois tout de suite la différence !
Je me retrouve tout seul cette fois, on fait une succession de montée/descente pour arriver à la montée finale (je la connaissais car la veille on avait supporté les coureurs du 98km en haut de la côte, et c'était un bon cap à passer). Je la passe sans soucis et arrivé en haut, dans la tête tout se met en marche pour le finish: 9km assez roulants avec beaucoup de descente. Tout se passe très bien, je prends du plaisir à accélérer et je finie ce 57km et ses 2500 D+ en 7h52 (173ième sur 745 inscrits), ouf !

Je tiens à féliciter toute l'équipe: Claire, Ronan, Laurent, Olivier et Julien d'avoir été jusqu'au bout de ce trail ainsi qu'aux coureurs du 98km: Arnaud et Pierrot. Merci à Katell, Kaelig et Yannou pour leurs encouragements, ça fait plaisir !

mardi 27 mars 2012

Trail du Ventoux, la saison démarre sur "les chapeaux de roues" !

Samedi 24 Mars au soir, veille du trail du Ventoux, le stress commence à monter: est-ce que mon portable va changer d'heure tout seul ? dois-je prévoir deux réveils ou puis-je fais confiance à Android pour le passage à l'heure d'été ? A côté de ça, je reste confiant, 46km, c'est bien moins que la Sainté Lyon, 2900 de D+, avec les entraînements et les sorties ski de rando, ça devrait passer.

Dimanche matin, après un dernier check sur l'horloge parlante, c'est l'heure, le reveil est difficile, d'autant que tout le week-end on a un peu picolé et pas mal bouffé - c'est pas tous les week-end qu'on voit ses meilleurs potes, au passage merci les gars (qui se reconnaîtront) pour ces retrouvailles, ça fait du bien de voir vos bonnes bouilles ! -

Avec Nico, nous partons pour le départ, on est un peu à la bourre, ça speed dans les rues de Carpentras, arrêt aux stands à Bédoin. Le retrait des dossards n'est pas à côté, c'est parti pour un petit footing d'échauffement. Voilà votre dossard, avec votre Tee-shirt, une bouteille de rouge, de la poudre énergisante... zut faut retourner à la voiture, refooting pour un petit aller-retour qui nous amènera pile à l'heure pour le départ.
Le décompte commence, on récupère un peu et c'est parti pour au moins 6h de course. Mon objectif 6h30, moins c'est super, plus bon ben je ferai mieux la prochaine fois. On tente la technique "je pars à donf pour se placer", mais Nico, encore plus bourin accélère après un km, je préfère rester à 13km/h et lui souhaite bon courage, je ne le reverrai qu'à la fin...

Je suis chaud, je me sens bien, j'avale la première montée de 600m, je cours dans les montées, quelques bouchons se forment  dans les passages techniques, mais je suis dans les 300 premiers et ça ne fait que ralentir un peu. Première descente, je suis un bon groupe, pour l'instant je gère bien. Ca remonte, c'est parti pour les 1400m d'ascension vers le sommet. J'arrive encore à courir dans les pentes douces, la pente se raidit après la séparation avec le 25km, je monte tranquillement, tout va toujours bien, j'aime la montée et j'admire le magnifique paysage. J'arrive sur la crête, on a de la chance, le Ventoux est sous un magnifique ciel bleu, sans vent et avec des températures très agréables, pas besoin de mettre de veste. Dernier petit coup de cul, aïe, le mollet se réveille, de petites décharges de crampes me font signe de ralentir. Je bois de grande lampée, je ralenti un peu et me voilà au point culminant, 3h15 pour la montée. Je calcule dans ma tête encore lucide, ça veut dire que si je met 2h45 pour descendre, je peux faire péter un super temps ! Grosse motivation, je repars, j'allonge, mais toujours cette crampe qui m'alerte, merde, j'insiste un peu et ça passe, c'est reparti en gérant au mieux les cailloux sur le chemin.

J'arrive au deuxième ravito, je prépare ma potion magique, un peu de saucisson, je repars en marchant tranquillement et c'est parti pour la descente. La première partie est technique, mais je m'amuse dans les singles tracks, j'arrive sur une descente roulante, j'allonge, je descends à 13/14, pourvu que ça dure. Arrivé en bas, je sais que c'est parti pour une série de montées/descentes.
31km que je cours, je commence à fatiguer, gros coup de mou, le mental commence à faiblir et le saucisson qui remonte... dommage que je n'ai pas de musique, ça me ferai du bien. J'essaie de me coller à un groupe, mais je les laisse filer, je reconnais des coureurs que j'avais doublé dans la montée qui me redoublent, et merde, je suis en train de m'éfondrer. De nouveau une longue descente, là c'est le manque de volume en descentes techniques qui se fait ressentir, les cuisses brûlent, impossible de lâcher la foulée, ça descend  "dret dans l'pentu", je perd beaucoup de temps. Je regarde ma montre, les km n'avancent pas.
J'arrive sur les grands chemins roulant, ouf, ça sent la fin, ça fait du bien, j'allonge la foulée, finalement il m'en reste encore un peu, je câble le cerveau en mode "finish", c'est quasiment fini, les km vont défiler. Au loin j'aperçois un bénévole au milieu du chemin, qu'est-ce qu'il fait là, je rebranche mon cerveau, règle le focus, il indique avec le sourire un chemin qui monte dans les bois, je regarde le profil, ah oui, c'est la dernière côte, 152m et qui plus est, bien raide. Et c'est reparti, je fais la montée à deux à l'heure, il me reste 5km, c'est long, très long, il fait super chaud, je broie du noir, c'est décidé j'annule mon trail de 83km en Juillet, je suis pas fait pour ça... blah blah blah (je vous rassure, à l'heure où j'écris ces lignes je ne compte pas annuler mon inscription ;) ). J'ai jamais compris pourquoi quelque soit la distance, les 5 ou 10 derniers km sont toujours aussi dur. Je m'accroche, subit la redescente, cette fois je suis au bout, plus qu'un km. J'aperçois Vio et le Pep au loin, je retrouve le sourire. Je me fais plaisir en doublant deux coureurs, c'est fini, que du bonheur ! 6h38, 235ième sur 855 inscrits et 612 arrivés. Bravo à Nico pour son super temps: 6h15 et sa 160ième place.

Trace Garmin: http://connect.garmin.com/activity/embed/161732454
Photos

Prochaine étape, l'Ardéchois, le 29 avril.

dimanche 11 mars 2012

La Tête de la Grisonnière dans les écrins en ski de rando

La sortie du Samedi... la Tête de la Grisonnière dans les écrins organisée par Yannick avec le CAF. Je vous propose une petite vidéo de la sortie, je m'excuse par avance pour la qualité de la vidéo et les quelques bugs au montage. Promis je ferai mieux avec un vrai logiciel qui plante pas toutes les 30min ;)