mercredi 18 juillet 2012

Celestrail 2012


La vidéo au cœur de l'action...  http://www.youtube.com/watch?v=k25GFnbshbk


6 Juillet 2012, mon objectif de l'année va se dérouler dans quelques heures. Je me dirige vers Ordino en Andorre, lieu de départ de la course qui se fera à 21h.
Comme chaque fois avant une course, je ne sais pas dire si je me sens prêt ou pas. Je sais que je tiens bien jusqu'à 2500D+ et 58km, après c'est l'inconnue. Je ressens une légère douleur aux genoux, suite à mes 3 courses depuis Mars et les sorties longues, ce qui m'inquiète un peu.

L'heure approche, je me place près du départ, je règle mes bâtons 3 brins carbone tout neufs et là, c'est la panique, le tube me reste dans les mains, le morceau pour serrer s'est décollé. Le stress monte, sans cette pièce je suis foutu. Je trouve par miracle une petite boutique qui vend de tout, et ouf, il a de la super glue. Bien sur je n'ai pas d'argent et là, en voyant ma détresse, le vendeur accepte que je le paye le lendemain, je ne le remercierai jamais assez !!

Tout est rentré dans l'ordre, le cardio redescend et je me retrouve dans le SAS de départ prêt à partir. Cette fois je suis tout seul, dans ma tête je me dis: ne part pas trop vite, il faut gérer, est-ce que les genoux vont tenir, 5000m ça fait beaucoup quand même, 83km c'est 13 de plus que la Saintelyon ça va le faire... mais à chaque fois la réponse était: on verra ;)
Au bout de 6km, la nuit commence à tomber. C'est l'heure du premier bilan: j'ai de bonnes sensations, les jambes répondent bien, je ne sens quasiment pas les genoux, je suis dans un groupe avec un bon rythme, bref je suis en confiance.
12km de course, première erreur dans mes calculs, j'ai plus d'eau et le prochain ravitaillement est dans 5km. Heureusement c'est de la descente et du plat, j'ai réussi à pomper une gorgée et me voilà au premier ravitaillement sans avoir été gêné.

Je repars, cette fois je me dis, bon je vais peut-être tenter d'accélérer, tant pis si je le paye plus tard. Je rattrape un groupe, le double, et je me retrouve seul dans la montée, à mon rythme ça me convient bien, d'autant que le cœur reste autour des 140, c'est nickel.
La montée se fait sans grande difficulté, je me retourne de temps en temps pour voir les frontales au loin, c'est magnifique, ça fait plaisir, je ne suis pas dans les derniers. Au ravito du 22ième, on m'annonce  que je suis à la 56ième place, coool. La course prend une nouvelle tournure, j'essaie de gratter des places mais je me fais aussi doubler dans les descentes, car les genoux se réveillent en descente et je dois donc y aller mollo. Mon meilleur classement sera 54ième avant la base vie du 43ième km. La fin de cette première moitié est interminable car on longe la route, c'est plat et on n'en voit pas le bout. J'arrive à courir sur un bon rythme, je suis vraiment content, je me sens frais.

Je reste une 20aine de minute à cette base vie. C'est l'occasion de manger un peu de soupe, de se reposer et de récupérer quelques affaires laissées au départ.
Je ne traîne pas trop et je repars pour les 40 derniers km. La fraicheur n'est plus trop là, la première montée dans des pavés est difficile, c'est le levé du jour et je sens que la nuit blanche va se payer. Je prends un gel, j'écoute la musique et au fur et à mesure que le jour se lève je retrouve des forces, sacré coup de pompe. Je m'autorise 10min de repos, allongé dans un bois, histoire de récupérer un peu de sommeil. J'entends au loin des traileurs qui se demandent si je vais bien, je lève la main pour indiquer que je suis vivant et ils repartent rassurés.

C'est l'heure de repartir, je dévale une grande descente et arrivé en bas, j'ai l'impression que les genoux gonflent. Je masse un peu dessus et dessous et ça va tout de suite mieux, je repars sur un bon rythme, cette partie de parcours vallonnée et les chemins larges, j'ai des places à regagner avec ma mini sieste.

65km, j'arrive à la dernière montée après avoir fait 4200d+, cette fois, c'est le dernier coup de cul et après ça le trail est fini. Je me retourne, personne, 5 min après je me retourne et la un groupe arrive. Mais d'où ils sortent eux ! En haut de la montée, je suis 69ième. Dernier ravitaillement vite fait et j'attaque la descente. Il faut se méfier quand on dit que le trail est fini en haut de la dernière montée… il n'y a pas de chemin, on descend "dré dans le pentu", ça tire sur les genoux et je m'appuie au maximum sur les bâtons. Ca remonte un peu, puis ça redescend raide dans un bois, on n'est pas épargné, je ne pense qu'à une chose, c'est d'arriver sur la route pour dérouler un peu et soulager les genoux.

J'entends au loin le micro, c'est bon signe, ça redonne des jambes. J'arrive à courir à 12km/h, je me retourne personne ne me suis, je suis tranquille. Je passe l'arche à 13h35, ce qui fait une course en 16h35 et une 64ième place. La fatigue, l'émotion et le relâchement me font monter les larmes, je ne contrôle pas, quel bonheur de passer cette ligne d'arrivée. Je viens de gravir un palier supplémentaire et sans trop souffrir, je n'ai qu'une chose en tête, à quand le prochain ? ;)

3 commentaires:

Vio a dit…

Non mais alors toi, tu es énorme ! après t'être trompé une fois de boisson, voilà tes batons qui te lachent...ca apprend à gérer la pression en tout cas ;)
Ca avait l'air d'être un beau trail, ca donne envie de se remettre à courir...10 kms.

FELICITATIONS t'es un champion !!!

rrrolf a dit…

Salut Champion, content que tu aies réussi ton objectif phare depuis plusieurs mois!

Gare aux genoux par contre...

Milie a dit…

Beau trail et beau recit!!! moi je m y remet avec Vio sur les 10 kms des que le petit bout est la... pour Gex.. va falloir que tu le motives un peu :).
bisous et encore bravo belle perf!

Gex et Milie