Samedi 24 Mars au soir, veille du trail du Ventoux, le stress commence à monter: est-ce que mon portable va changer d'heure tout seul ? dois-je prévoir deux réveils ou puis-je fais confiance à Android pour le passage à l'heure d'été ? A côté de ça, je reste confiant, 46km, c'est bien moins que la Sainté Lyon, 2900 de D+, avec les entraînements et les sorties ski de rando, ça devrait passer.
Dimanche matin, après un dernier check sur l'horloge parlante, c'est l'heure, le reveil est difficile, d'autant que tout le week-end on a un peu picolé et pas mal bouffé - c'est pas tous les week-end qu'on voit ses meilleurs potes, au passage merci les gars (qui se reconnaîtront) pour ces retrouvailles, ça fait du bien de voir vos bonnes bouilles ! -
Avec Nico, nous partons pour le départ, on est un peu à la bourre, ça speed dans les rues de Carpentras, arrêt aux stands à Bédoin. Le retrait des dossards n'est pas à côté, c'est parti pour un petit footing d'échauffement. Voilà votre dossard, avec votre Tee-shirt, une bouteille de rouge, de la poudre énergisante... zut faut retourner à la voiture, refooting pour un petit aller-retour qui nous amènera pile à l'heure pour le départ.
Le décompte commence, on récupère un peu et c'est parti pour au moins 6h de course. Mon objectif 6h30, moins c'est super, plus bon ben je ferai mieux la prochaine fois. On tente la technique "je pars à donf pour se placer", mais Nico, encore plus bourin accélère après un km, je préfère rester à 13km/h et lui souhaite bon courage, je ne le reverrai qu'à la fin...
Je suis chaud, je me sens bien, j'avale la première montée de 600m, je cours dans les montées, quelques bouchons se forment dans les passages techniques, mais je suis dans les 300 premiers et ça ne fait que ralentir un peu. Première descente, je suis un bon groupe, pour l'instant je gère bien. Ca remonte, c'est parti pour les 1400m d'ascension vers le sommet. J'arrive encore à courir dans les pentes douces, la pente se raidit après la séparation avec le 25km, je monte tranquillement, tout va toujours bien, j'aime la montée et j'admire le magnifique paysage. J'arrive sur la crête, on a de la chance, le Ventoux est sous un magnifique ciel bleu, sans vent et avec des températures très agréables, pas besoin de mettre de veste. Dernier petit coup de cul, aïe, le mollet se réveille, de petites décharges de crampes me font signe de ralentir. Je bois de grande lampée, je ralenti un peu et me voilà au point culminant, 3h15 pour la montée. Je calcule dans ma tête encore lucide, ça veut dire que si je met 2h45 pour descendre, je peux faire péter un super temps ! Grosse motivation, je repars, j'allonge, mais toujours cette crampe qui m'alerte, merde, j'insiste un peu et ça passe, c'est reparti en gérant au mieux les cailloux sur le chemin.
J'arrive au deuxième ravito, je prépare ma potion magique, un peu de saucisson, je repars en marchant tranquillement et c'est parti pour la descente. La première partie est technique, mais je m'amuse dans les singles tracks, j'arrive sur une descente roulante, j'allonge, je descends à 13/14, pourvu que ça dure. Arrivé en bas, je sais que c'est parti pour une série de montées/descentes.
31km que je cours, je commence à fatiguer, gros coup de mou, le mental commence à faiblir et le saucisson qui remonte... dommage que je n'ai pas de musique, ça me ferai du bien. J'essaie de me coller à un groupe, mais je les laisse filer, je reconnais des coureurs que j'avais doublé dans la montée qui me redoublent, et merde, je suis en train de m'éfondrer. De nouveau une longue descente, là c'est le manque de volume en descentes techniques qui se fait ressentir, les cuisses brûlent, impossible de lâcher la foulée, ça descend "dret dans l'pentu", je perd beaucoup de temps. Je regarde ma montre, les km n'avancent pas.
J'arrive sur les grands chemins roulant, ouf, ça sent la fin, ça fait du bien, j'allonge la foulée, finalement il m'en reste encore un peu, je câble le cerveau en mode "finish", c'est quasiment fini, les km vont défiler. Au loin j'aperçois un bénévole au milieu du chemin, qu'est-ce qu'il fait là, je rebranche mon cerveau, règle le focus, il indique avec le sourire un chemin qui monte dans les bois, je regarde le profil, ah oui, c'est la dernière côte, 152m et qui plus est, bien raide. Et c'est reparti, je fais la montée à deux à l'heure, il me reste 5km, c'est long, très long, il fait super chaud, je broie du noir, c'est décidé j'annule mon trail de 83km en Juillet, je suis pas fait pour ça... blah blah blah (je vous rassure, à l'heure où j'écris ces lignes je ne compte pas annuler mon inscription ;) ). J'ai jamais compris pourquoi quelque soit la distance, les 5 ou 10 derniers km sont toujours aussi dur. Je m'accroche, subit la redescente, cette fois je suis au bout, plus qu'un km. J'aperçois Vio et le Pep au loin, je retrouve le sourire. Je me fais plaisir en doublant deux coureurs, c'est fini, que du bonheur ! 6h38, 235ième sur 855 inscrits et 612 arrivés. Bravo à Nico pour son super temps: 6h15 et sa 160ième place.
Trace Garmin: http://connect.garmin.com/activity/embed/161732454
Photos
Prochaine étape, l'Ardéchois, le 29 avril.
6 commentaires:
Bravo ! Je vois que ça rentre. Un petit de mental pour finir... Nickel !!
T'es un vrai champion !! on s'y croit trop :) oui c'est sur que le gateau au chocolat maison la veille au soir c'est dur à digérer dans les Km... puis les derniers encouragements ont contribué fortement à ta réussite aussi :)
Merci pour vos encouragements, au moins on a pas l'impression de courir que pour se faire mal ;)
Vous étiez à l'arrivée ? :)
Non je plaisante c'était bien cool d'entendre des encouragements dans un des moments les plus durs (mentalement) de la course.
Au passage, bien joué pour le compte rendu Jé !
Hé beh chapeau! Preuve que tu as bien le niveau pour faire ces courses, on sent l'entraînement solide qui a permit tout ça!
Bravo, mon fils. Bien installé dans mon fauteuil, je consulte ton blog et je sent des gouttes de transpiration, perler sur mon front et une sensation de fatigue m'envahit (comme toi dans les derniers Km, sauf que je n'ai pas fait le premier mètre).
Félicitations et bon courage pour les prochaines courses.
Enregistrer un commentaire